L’inessentiel – Régis Decaix

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L’inessentiel s’ouvre sur un geste minuscule : la photographie du sol d’un fast-food à 13h06, un 5 janvier 2019. De cet acte banal naît une série de fragments poétiques où l’observation du réel devient une réflexion sur le monde contemporain. Le carrelage rouge et jaune, le téléphone portable, la présence du fils non visible sur la photo — tout devient prétexte à penser la matière du quotidien.
L’écriture procède par éclats : courts poèmes en prose, juxtaposés comme les carreaux du sol observé. À travers eux, se dessine une méditation sur la technologie, la mémoire, la société de l’image et la perte du sens. Le texte interroge « l’ordre des choses bouleversé » par nos écrans et l’obsession du selfie, où le « Je duplicable » remplace la présence réelle.
Mais la réflexion glisse aussi vers le politique et l’écologique : le carrelage du fast-food devient métaphore d’un monde artificiel, quadrillé, dérégulé. L’« inessentiel » se révèle alors comme le cœur même de nos vies modernes — ce que nous produisons, consommons, croyons sans nécessité.
« Philosopher sur le carrelage des fast-foods », écrit le narrateur, c’est regarder en face la banalité et y chercher encore un sens, même infime. Ainsi, le texte fait du geste le plus ordinaire un miroir de notre humanité fragmentée, entre dérision, lucidité et poésie.


Régis Decaix est directeur artistique d’une compagnie de spectacles vivants et co-créateur du podcast Isadorabc, activités au travers desquelles il insuffle sa vision poétique. Il est déjà l’auteur des recueils de poésie Procréation, Le Quotidien effacé et 66 routes.


148 x 210 – 46 pages

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